Bienvenue

Bienvenue !


Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

vendredi 15 septembre 2017

Surprise dans ma boîte aux lettres

Ce matin, en allant chercher le courrier, surprise : une enveloppe envoyée par ma petite Jacana. Et, à l'intérieur, un superbe marque-page fait main et, en plus...


Une super carte postale dédicacée par Christelle Dabos *_*
Parce que oui, Jacana a rencontré l'autrice lors d'un festival suisse au début du mois et elle en a profité pour faire signer une carte pour moi sans me le dire ! C'est une chouette copine Jaca, comme on les aime ♥

Si vous ne la connaissez pas encore, allez vite faire un tour sur son blog Cinquième de Couv' et retrouvez-la aussi en tant qu'administratrice sur Accros & Mordus de Lecture.

Encore merci Jacana ♥

mardi 12 septembre 2017

Ophélie d'Arthur Rimbaud

Pour boucler ma participation au Challenge Mini Pot-pourri de l'été A&M j'ai choisi de lire, à la section poésie, un poème d'Arthur Rimbaud que je partage ici.


Ophélie de John Everett Millais


Ophélie

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


Mon avis
Je ne suis pas très calée en poésie, principalement parce que j'ai l'impression d'avoir de grosses lacunes pour en saisir toute l'essence mais, parfois, je tombe sur des poèmes qui me parlent, m'émeuvent, comme en peinture. C'est le cas d'Ophélie que j'ai lu en le choisissant pour son titre, dans un recueil de Rimbaud pour le Challenge mini pot-pourri de l'été.
Ophélie est un poème fluide mais aussi toute en langueur, en attente, en plainte. J'ai été saisie par la tragédie d'Ophélie, par sa longue descente des eaux, par son suicide.
C'est une scène Shakespearienne que nous décrit Rimbaud, je joins d'ailleurs le tableau de John Everett Millais qui en fait de même : les deux œuvres sont souvent associées.

J'aime beaucoup Rimbaud, ses mots, le rythme de ses poèmes et je suis bien contente d'avoir choisi celui-là. Je vais peut-être même lire l'ensemble du recueil !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 11 septembre 2017

TAG PKJ de la rentrée

Les TAGs de la blogo n'ont jamais été trop mon truc mais je réponds toujours à ceux qui me taguent parce que c'est du partage d'amour ♥

C'est Sue-Ricette du blog Graine de souris qui m'a taguée, n'hésitez pas à aller faire un tour chez elle parce qu'on y est trop bien !


10 questions sont posées et à chaque réponse faite, on comptabilise 1 point. On ne peut citer le même livre deux fois dans le tag. C'est donc parti !

1) Votre meilleure lecture de vacances.
C'était le tome 3 de La Passe-Miroir de Christelle Dabos La mémoire de Babel que j'ai adoré lire cet été *.*

2) Le premier livre que vous avez lu/lisez après être rentré de vacances.
C'est Glacéde Bernard Minier, lu début septembre. Mais bon, c'est pas vraiment la rentrée pour moi puisque j'ai terminé mes études et que je suis en phase de transition.

3) Un livre qui se passe au mois de septembre.
J'avoue que je sèche... Faudrait que je cherche mais... #flemme

4) Le livre PKJ qui sort prochainement/vient de sortir et qui vous fait le plus envie.
Dans l'ombre de Stella d'Alexandra Sirowy a l'air pas mal.

5) Un livre qui se passe près de chez vous.
Le jardin des poètes de Richard Andrieux que j'ai lu la semaine dernière, qui prend place à Béziers :)

6) Un livre avec une couverture qui évoque l'école.
La plupart des couvertures des Fables de La Fontaine. Rien que l'évocation de ce nom ou des illustrations, j'ai l'impression de retourner sur les bancs de l'école !

7) Un livre qui met en scène un professeur que vous auriez aimé avoir.
Le professeur McGonagall dans Harry Potter. J'aurais aimé l'avoir parce qu'elle est inspirante, juste, droite et terriblement classe !

8) Un livre où le personnage principal vient de déménager/commence une nouvelle vie.
La Quête d'Ewilan, Tome 1 de Pierre Bottero où Camille change de monde. Littéralement.

9) Un roman contemporain qui se passe au lycée.
Eleanor & Park de Rainbow Rowell.

10) Votre dernier achat.
Russie de Zamiatine, un recueil de nouvelles et essais qui est d'ailleurs ma lecture en cours.

Et voilà, j'ai comptabilisé 9 points, c'est plutôt pas mal ! Je ne tague personne mais si vous voulez tentez, allez-y ;)

samedi 9 septembre 2017

La Mare au Diable de George Sand

Pour enfin sortir de ma PAL des livres qui y sont depuis longtemps, j'ai choisi de participer au Défi Pile à Lire A&M et j'ai aussi pu inclure cette lecture dans le Challenge Mini Pot-pourri de l'été A&M. George Sand m'avait manqué ♥



Quatrième de Couverture
La Mare au Diable est un lieu maudit où souffle l'angoisse. Près d'elle se déroule toute l'histoire. Un paysan, veuf avec ses enfants, cherche femme. Qui épousera-t-il ? Celle qu'on lui a promise, ou une pauvre paysanne, harcelée par son patron ? Cette petite Marie est l'âme d'un paysage de rêve, et l'emblème de l'enfance éternelle.
Un roman d'amour, mais traversé par le cri des chiens fous, la nuée sanglotante des oiseaux, le fossoyeur épileptique. La voix de la terre s'y accorde avec celle de l'Âme enfantine : George Sand y parle avec force du sol natal et des premiers souvenirs.

Mon avis
La Mare au Diable est le premier d’une série de romans champêtres où George Sand a choisi de dépeindre la vie à la campagne mais surtout les paysans sous une autre forme que celle faite par ses pairs. Là où, comme elle le dit dans son premier chapitre en s’adressant à son lecteur, les artistes présentent les paysans comme les pauvres travailleurs qui engraissent les propriétaires avant de venir se coucher près de la mort, elle a choisi de montrer qu’ils avaient eux aussi de vraies personnalités, une vie pleine d’animation et des pensées plus profondes que celles qu’on leur prêtait habituellement.

Germain est veuf, il vit avec ses beaux-parents, son beau-frère et ses trois jeunes enfants. Il travaille dur, bien et a une bonne âme. Seulement, à cette époque, toute la famille vit réunie et sous le poids du gain de la terre possédée : plus il y a de bouches à nourrir, plus il faut engranger mais, surtout, il faut s’assurer que tous les petits-enfants auront la possibilité de vivre une fois leurs aînés éteints. C’est dans cette optique que le beau-père de Germain lui propose de se remarier pour trouver une femme qui saura s’occuper des intérêts de ses enfants : c’est que, notre beau Germain n’est pas vénal pour un sou et a tendance à se laisser porter par les décisions des autres tant que lui peut gérer son travail comme il l’entend. Seulement, se remarier ne l’enchante guère et, surtout, le voyage pour se rendre auprès d’une potentielle nouvelle épouse ne se déroule pas comme prévu.

À travers son roman, George Sand cherche à rendre hommage aux paysans de son enfance, à montrer qu’ils ne valent pas moins que les érudits des villes. Eux aussi sont tiraillés par les tracas de la vie, par la mort, par leurs émotions. Les mariages arrangés ne leur conviennent pas forcément, l’amour a tout de même une place dans leur histoire. C’est très romancé mais, en même temps, très réaliste. Germain est l’incarnation de l’homme qui ne réfléchit pas plus que nécessaire : il fait son travail, aime ses enfants, respecte ses aînés et pleure sa femme qu’il aimait réellement. Il ne se torture pas l’esprit avec des pensées parasites jusqu’à ce qu’on les lui mette en tête. La petite Marie, elle, est réfléchie, dégourdie surtout et sait quelle est sa place et ce qu’elle doit faire pour espérer pouvoir se marier : travailler quelques années pour réunir l’argent d’une dot correcte. Puis il y a Petit-Pierre, ce garçonnet qui n’en fait qu’à sa tête, qui réfléchit un peu plus que son père tout en gardeur la candeur de son âge. Ces trois-là forme un trio complémentaire lorsqu’il faut traverser les bois, près de la Mare au Diable pour atteindre les domaines qui attendent Germain pour une femme et Marie pour un travail.

L’écriture de George Sand a encore une fois était un plaisir. Elle conte cette petite histoire avec des phrases poétiques qui restent simples d’accès, qui vont au but. J’ai d’ailleurs pris plus de plaisir à me gorger de ses mots que de son histoire. La trame est intéressante, elle permet de s’immerger dans les coutumes du Berry notamment à travers les appendices de fin d’ouvrage mais sa façon de conter ne nous plonge pas dans l’histoire à proprement parler : c’est une réelle description de la vie à cette époque, une observation d’un pan de vie de ces personnages avec le regard extérieur. C’est très agréable lorsqu’on aime ce genre et cela permet de se mettre au niveau de George Sand pour voir tous ces protagonistes avancer dans leur vie.

J’ai préféré lire La petite Fadette en terme d’attachement aux personnages mais La Mare au Diable a beaucoup à offrir et j’ai su cueillir au cœur des pages ce qui m’intéressait. On peut peut-être reprocher à George Sand d’avoir caricaturer ses personnages secondaires pour aboutir à ce qu’elle souhaitait mais, dans un format court, cela n’est pas gênant. Certains y ont vu une opposition entre les érudits de la ville et les paysans, notamment par la candeur et la bonté d’âme qui semblent dominer chez les paysans mais George Sand s’en est défendue : pour elle, c’était réellement à but de sortir cette campagne de la vision macabre et tragique à laquelle on la destinait dans les œuvres pour raconter enfin une belle histoire.

Un livre à la plume magique pour nous offrir un peu du Berry du XIXe siècle et surtout, un peu de douceur. Des croyances, des coutumes, un peu de superstition et nous tombons tête la première dans ce roman champêtre.

« Nous croyons que la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour, que le roman d’aujourd’hui devrait remplacer la parabole et l’apologue des temps naïfs, et que l’artiste a une tâche plus large et plus poétique que celle de proposer quelques mesures de prudence et de conciliation pour atténuer l’effroi qu’inspirent ses peintures. Son but devrait être de faire aimer les objets de sa sollicitude, et au besoin, je ne lui ferais pas un reproche de les embellir un peu. L’art n’est pas une étude de la réalité positive ; c’est une recherche de la vérité idéale, et Le Vicaire de Wakefield fut un livre plus utile et plus sain à l’âme que Le Paysan perverti et Les Liaisons dangereuses. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 6 septembre 2017

Le jardin des poètes de Richard Andrieux

J'ai trouvé ce livre dans la bibliothèque familiale et j'ai décidé de l'inclure dans ma participation au Challenge Mini Pot-pourri de l'été A&M.



Quatrième de Couverture
Claire a dix-huit ans, elle est étudiante à Paris et lit Marguerite Duras. Bernard a vingt-neuf ans et travaille à la chaîne dans une usine de Béziers. A priori, ces deux personnages n’ont rien à faire ensemble. Pourtant, lorsque Bernard rencontre Claire sa vie s’illumine. En ce début des années 60, Bernard mène une vie tranquille. Avec quelques amis fidèles il partage des plaisirs simples – l’apéritif rituel au café des Marronniers, les parties de pêche, les promenades au bord de l’eau – qui lui permettent de supporter son handicap et les tracas professionnels liés aux humiliations d’un contremaître tyrannique. Mais soudain, sa vie prend un tour tragique : licencié, il est ensuite mêlé à une rixe mortelle. Que va-t-il lui arriver?

Mon avis
Le jardin des poètes c’est un roman mais c’est aussi un parc de Béziers que je connais, où j’ai été enfant, et plus grande aussi. C’est ce qui m’a attirée vers ce livre, parce que je savais qu’à travers ces pages, je retrouverais des lieux familiers.

Bernard est un jeune homme naïf, gentil et simple, presque simplet par moment. Il a un regard sur la vie assez doux au départ, dans les premières pages, malgré les malheurs qu’il a connus. Après un accident de voiture, il se retrouve défiguré mais vivant, contrairement à son ami qui l’accompagnait. Trois après, il travaille dans une usine, n’a plus de pertes de mémoire et a ses petites habitudes dans son quartier, notamment au bar du coin. Marco, son meilleur ami avec qui il travaille, Emile, le patron, Gabriel, un autre habitué, Jojo, le pilier de comptoir et bien d’autres noms rythment sa vie. Puis il rencontre Claire, une jeune femme belle, intelligente, bavarde et il ne comprend pas trop ce qu’elle lui trouve mais il apprécie sa présence, de plus en plus. Claire est étudiante à Paris et, à la fin de l’été, elle repart. C’est à ce moment-là que la petite routine de Bernard est peu à peu ébranlée : au travail, dans les discussions virulentes au comptoir, dans sa vie personnelle… Au fil des mois, Bernard est confronté à la mort : il se rend compte que la vie est un cadeau qui peut être retiré à tout moment, en toutes circonstances.

C’est à travers les yeux de Bernard que l’on suit cette histoire, à travers ses réflexions simples, comme celles d’un enfant qui découvre le monde parce que, finalement, il n’avait jamais réellement questionné son petit monde, Bernard. La mort devient de plus en plus palpable et elle le travaille. Au fil des pages, l’ambiance s’assombrit, nous menons inévitablement vers une série de drames annoncées sur fond de violence et d’alcool. Cette violence, elle s’exprime à travers les mots mais aussi les gestes : la violence verbale puis physique envers les Algériens à cette époque où la Guerre d’Algérie est encore fraîche dans une région où les émigrés sont nombreux, la violence des gens qui ne savent pas se faire entendre autrement dans un monde où les classes modestes s’en sortent avec leurs poings, la violence de la vie qui s’écoule jusqu’à la mort. Et l’alcool, cette douce boisson qui permet d’adoucir les malheurs pendant quelques heures mais qui a un coût, qui mène aussi vers des situations complexes, dramatiques.

À travers Le jardin des poètes, Richard Andrieux nous offre une peinture de la vie au sein d’une petite ville du sud de la France, peu avant mai 68, après plusieurs guerres, où le chômage menace et où la mort n’est jamais loin. Mais il nous offre aussi un pan de vie où différentes âmes se rencontrent et s’habituent les unes aux autres, s’apprécient et forment une petite bande où chacun est là pour soutenir l’autre. Et c’est en période de malheurs que ces liens, superficiels en apparence, se montrent forts et profonds.

On pourrait reprocher à ce roman de ne pas aller assez loin, de créer des liens entre les personnages de façon trop facile mais, au fond, c’est ça la vie : on s’entiche des autres sans s’en rendre compte, on se laisse entraîner dans les tourbillons de la vie et de la mort sans prendre garde et c’est d’un coup que tout nous saute aux yeux. Les personnages sont des caricatures, des traits exacerbés mais c’est aussi parce que Bernard décrit son entourage ainsi.

J’ai été touchée par cette histoire, j’ai apprécié ma lecture et ai suivi avec avidité la descente aux enfers des personnages, m’attendant à un final tragique alors que, finalement, nous ne sommes pas dans une tragédie de Sophocle mais dans une histoire qui pourrait être vraie. Tellement vraie que même le village choisi comme lieu de drames est connu vers chez moi pour être un lieu de violence gratuite en période de fêtes (là, il faut comprendre qu’à chaque fois que j’y suis allée, j’ai vu des bagarres stupides à foison, sur fond d’alcool). Bref, j’étais chez moi dans ce roman et ça m’a fait du bien.

Sans être le roman de la décennie, Le jardin des poètes est une lecture agréable qui permet de se glisser dans la peau d’un ouvrier des années 60 et de suivre ses aventures dans une ambiance où la camaraderie était tout aussi présente que la violence. Un roman qui permet aussi de penser à la mort et à la façon dont elle peut surgir brutalement, tout comme elle peut décider de faire languir celui qui l’attend.

« Papillon, c'était un brave homme. Quand Libellule, ma grand-mère, s'était envolée, il s'était mis à picoler de chagrin. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 4 septembre 2017

Glacé de Bernard Minier

J'ai entendu parlé de Glacé sur Accros & Mordus de Lecture lors d'un partenariat avec les Éditions XO et je savais que je finirais par lire du Bernard Minier un jour. C'est maintenant chose faite et j'intègre ainsi le Challenge Thriller/Polar A&M dont le but est de découvrir de nouveaux auteurs du genre, voire le genre tout court pour moi puisque je lis peu de polars et de thrillers.



Quatrième de Couverture
Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Mon avis
Gendarmerie et Police nationale sont appelées sur les lieux d’un crime peu banal : un cheval décapité a été hissé en haut d’une centrale, au cœur des Pyrénées, sans que personne ne s’aperçoive de quoi que ce soit. Le commandant Servaz se retrouve pris dans cette enquête alors qu’il a un vrai meurtre à gérer à Toulouse. Mais l’argent n’attend pas : le cheval appartient à Éric Lombard, milliardaire pressé et surtout influent qui veut savoir qui a tué son cheval, une bête aussi chère sur le marché qu’à ses yeux. Seulement, un cadavre humain finit par s’ajouter à la liste et l’enquête commence alors à se complexifier… Et si le centre psychiatrique regroupant les pires meurtriers d’Europe, à quelques kilomètres, était lié à ces crimes ? C’est tout autour de ce sac de nœuds que nous évoluons aux côtés de Servaz.

J’ai très vite été prise par cette enquête, ralentissant même le rythme de ma lecture pour la savourer plus encore. Évidemment, passés le deuxième tiers du livre, je n’ai plus pu m’arrêter avant d’obtenir le fin mot de l’histoire.

Bernard Minier nous offre un décor aussi angoissant que son enquête, malgré toute la beauté qu’il offre : aux pieds des Pyrénées, aux portes de l’hiver, quand les nuits sont longues et le froid mordant, le mystère grimpe, s’insinue en nous et nous fait réfléchir en tous sens. Les descriptions ne sont ni trop longues, ni trop courtes : elles servent parfaitement le récit et sont disposées de sorte à nous plonger dans cette ambiance sombre comme la nuit mais parfois lumineuse comme la neige. Ces instants de clarté, dispersés au fil des pages, révèlent les indices nécessaires à comprendre au fur et à mesure où veut nous mener l’auteur tout en nous laissant constamment dans le doute. Pour un premier roman, le dosage est bien maîtrisé.

Le dénouement final est certes, un peu alambiqué mais il reste cohérent avec la trame mise en place. Le schéma classique utilisé nous permet de ne pas nous laisser berner trop facilement par les évidences et de pousser plus loin la réflexion, à raison.

Les personnages sont creusés, intéressants et attachants. J’ai apprécié leur côté humain, leurs erreurs, leurs angoisses et les morceaux de vie qui sont proposés. J’ai particulièrement apprécié l’épilogue qui montre que les relations humaines classiques sont dépassées, qu’elles offrent dans notre monde bien plus de choses tout en étant complexes.

Mention spéciale aux questions de société posées par l’auteur à travers le monde capitaliste dans lequel nous vivons mais aussi le traitement réservé aux criminels enfermés dans des centres psychiatriques. Que ce soit à travers la sous-traitance des grosses entreprises ou l’usage de techniques subversives pour « soigner » les psychopathes et sociopathes, Minier nous pousse à voir au-delà de son roman et c’est quelque chose que j’aime en littérature.

Enfin, l’écriture est agréable même si, par moment, j’ai tiqué sur des réflexions un peu superficielles imputées aux personnages : on ne peut pas tout réussir du premier coup.

Je suis certaine de poursuivre mon aventure au cœur de l’imagination de Minier avec la suite des enquêtes de Servaz pour, à nouveau, me gorger avec envie de cette région que je trouve magnifique.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

samedi 2 septembre 2017

Défi Pile à Lire A&M

La PAL d'un lecteur, c'est le palais des merveilles mais aussi le pire fléau du monde : on la nourrit tellement qu'elle dépasse souvent notre rythme de lecture, surtout dans mon cas. Du coup, la semaine prochaine, j'ai décidé de me lancer dans le Défi Pile à Lire A&M pour lire un livre qui squatte la mienne depuis bien trop longtemps !


Le principe est simple : j'ai mis un liste de quatre livres zonant depuis longtemps dans ma PAL en m'inscrivant et un membre du forum devait choisir un de ces livres pour que je réalise le défi. C'est Khaany qui a sélectionné pour moi La Mare au diable de George Sand. J'ai donc une semaine à compter de lundi pour remplir mon défi !

Et vous, comment faites-vous pour venir à bout de votre PAL ? N'hésitez pas à venir sur le forum pour participer !

Que la motivation soit avec moi !

mercredi 30 août 2017

Le Château de ma mère réalisé par Yves Robert d'après Marcel Pagnol

Et voici la suite du Visionnage Commun sur A&M avec le deuxième volet du diptyque.



Synopsis
Chaque fin de semaine et en été, le jeune Marcel Pagnol passe ses vacances en famille dans les collines du Garlaban, au-dessus de Marseille. Marcel a hâte de retrouver son « petit frère des collines », Lili des Bellons. Mais le trajet est long depuis la cité phocéenne. Joseph, le père de Marcel, décide alors de passer illégalement par les berges du canal pour raccourcir la marche de plusieurs kilomètres, ce qui n'est pas du goût d'Augustine, sa femme, angoissée à l'idée de traverser des propriétés privées. La famille Pagnol se fait bientôt surprendre dans les jardins du château de la Buzine appartenant à un ancien militaire.
Marcel s'éprend bientôt de la prétentieuse Isabelle Cassignol, fille d'un prétendu riche poète en vacances à La Treille. Aveuglé par l'amour, le jeune garçon délaisse bientôt sa famille et son ami Lili…

Mon avis
Le Château de ma mère continue de nous tracer l’enfance de Pagnol, mais avec cette sensation tragique, ce sentiment que la fin du film mène inévitablement à la fin de cette enfance heureuse et douce sous le soleil de la garrigue. Marcel grandit, change et commence à découvrir les affres de l’amour d’enfant. Il comprend aussi que son père n’est pas aussi tout puissant que ce qu’il croyait, que le monde n’est pas toujours ce qu’il parait être.

Comme La Gloire de mon père, Le Château de ma mère m’a encore une fois transportée dans ces paysages que j’aime, dans cette ambiance de vacances qui me rappelle mon enfance. Yves Robert a su à nouveau faire passer toutes les émotions à travers son film.

La menace pesant sur la fin de cette enfance qui se profile m’a encore prise aux tripes, même si je connaissais par cœur le déroulement de l’histoire. Cette façon de nous annoncer la fin d’une époque, d’une vie faire d’insouciance et de joie, comme Pagnol le disait si bien : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. »

J’ai encore pris énormément de plaisir à revoir ce film avec Jacana pour le Visionnage Commun A&M.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 29 août 2017

La Gloire de mon père réalisé par Yves Robert d'après Marcel Pagnol

Je me lance dans la critique de film, de façon très brève et simple, pour un Visionnage Commun sur A&M avec un film qui a bercé toute mon enfance.



Synopsis
Fils d'un instituteur marseillais, Marcel Pagnol passe ses premières années dans le monde de l'école où il se montre naturellement bon élève. Jeune adolescent, durant les grandes vacances de l'été 1904, il découvre les garrigues environnant Marseille et le Garlaban, auxquels il restera attaché toute sa vie. La vieille bastide louée par la famille devient le centre d'une sorte de paradis peuplé de personnages pittoresques dont Lili des Bellons, un jeune paysan qui deviendra son ami et l'initiera aux mystères des collines.
Son père et son oncle s'adonnent à la chasse et c'est un exploit de chasseur, un doublé de bartavelles, qui deviendra la gloire de son père.

Mon avis
J’ai grandi en regardant le diptyque réalisé par Yves Robert, revisionnant chaque été sans m’en lasser La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Je n’ai d’ailleurs jamais ressenti le besoin de lire les livres tellement ces films m’ont marquée, sûrement par peur de casser cette magie qui est née en moi dès mon plus jeune âge.

La Gloire de mon père nous transporte à Marseille puis dans la garrigue qui la surplombe à travers les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol. Ayant vécu à Marseille mais aussi ayant arpenté une partie de cette garrigue lors de ma formation, revoir encore une fois ce film m’a rappelé à quel point je me suis attachée à Marseille et ses environs.

Le film est fidèle à l’ambiance de la Provence que j’ai découverte et il offre une vision belle et émouvante du début du XXe siècle. La beauté de la garrigue est retranscrite à merveille à travers les images du film, le chant des cigales, cette impression de terre brûlée qui est aussi semblable à ma garrigue natale… Tout dans ce film me transporte.

La narration utilisant les mots de Marcel Pagnol apporte une touche émouvante et réaliste à l’ensemble, c’est d’ailleurs un des aspects que je préfère dans ce film, entendre cette voix, chargée d’émotion, peindre avec recul ces souvenirs mis en scène.

J’ai pris énormément de plaisir à revoir ce film avec Jacana pour le Visionnage Commun A&M. Il est désormais évident que je vais bientôt lire le livre pour enfin profiter de la plume de Marcel Pagnol dans son intégralité.

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

lundi 28 août 2017

Avec tes mains d'Ahmed Kalouaz

Après avoir découvert Ahmed Kalouaz avec son roman Une étoile aux cheveux noirs contant l’histoire de sa mère, je savais que je lirai celui racontant le parcours de son père et je n’ai pas hésité lorsque je l’ai trouvé en librairie.



Quatrième de Couverture
« J’aurais voulu que tu me montres, un jour de connivence, une photo longtemps dissimulée, en me disant que là, quelques jours dans ta vie, tu ne fus ni miséreux, ni soldat, ni travailleur de force, mais simplement un homme avec de la douceur au bout des doigts. »

Il s’appelait Abd el-Kader, né autour de 1917 dans un douar algérien. De ce père aujourd’hui disparu, Ahmed Kalouaz a voulu reconstruire le destin. Ces lambeaux de vie, sauvés du silence, tissent le portrait d’un homme dur à la tâche comme en affection, dont le parcours singulier a été commun à des centaines de milliers d’immigrés maghrébins.
Sans enjoliver ni noircir, Avec tes mains dit l’absence de mots communs entre les deux générations, les regrets et les rendez-vous manqués. C’est un chant d’amour bouleversant, adressé à un père dont la dernière volonté fut d’être enterré au pays, loin des siens.

Né en 1952 en Algérie, Ahmed Kalouaz vit dans le Gard. Il a publié une vingtaine de livres, nouvelles, romans, théâtre. La brune a publié de lui, en 1999, un récit, Absentes. Il intervient dans des lectures publiques, en atelier d’écriture ou de parole, notamment en prison.

Mon avis
À travers ce roman, Ahmed Kalouaz nous dresse le portrait de son père, Algérien ayant combattu pour la France avant de s’y installer, travaillant pour s’offrir de jours meilleurs en Algérie, jours qu’il ne connaitra jamais car la guerre d’Algérie va s’en mêler, puis la vie va le laisser en France, avec sa femme et ses enfants. C’est le roman initiatique d’un homme à travers les décennies mais aussi celui de son fils, qui tente de déchiffrer cette vie qui ne lui a pas été racontée.

Ahmed Kalouaz a encore réussi à me toucher avec ses mots, ses émotions qu’il transmet en partageant ses souvenirs ainsi que ceux de son père. Leur relation n’est pas celle qu’il avait avec sa mère : il n’est pas proche de son père, il s’en détache énormément d’ailleurs à travers l’école, en apprenant à lire, à découvrir le monde alors que son père n’a jamais réellement réussi à apprendre correctement le français, et n’a même jamais appris à lire ou écrire. Ce clivage fait qu’ils ne se comprennent pas malgré leur respect mutuel, ils appartiennent à deux mondes : son père, l’immigré qui est rejeté par la France, ce pays pour lequel il s’est battu, et lui, le jeune qui s’intègre et se cultive, qui est Français et qui ne comprend pas réellement l’attachement de ses parents pour leur pays.

On suit l’évolution de cet Algérien qui est l’exemple de ces jeunes qui ont été tirailleurs lors de la seconde guerre mondiale, puis qui ont oscillé entre deux eaux lors de la guerre d’Algérie, qui sont restés en France mais avec toujours cette envie de retrouver un jour leur pays, en revenant riches et forts. Ces jeunes qui vieillissent trop vite et dont le rêve ne se réalisera jamais.

C’est, enfin, un moyen pour l’auteur de faire la paix avec son père, avec son histoire mais surtout de se décharger de toute cette frustration accumulée : ce manque de discussions avec ce père qui n’a jamais partagé sa vie avec lui. Ce sentiment d’abandon quand son corps a été transporté en Algérie pour y reposer alors que lui aurait aimé qu’il reste en France.

Un roman touchant à travers lequel, par ses mots forts et poignants, Ahmed Kalouaz nous permet de plonger au cœur des relations père-fils mais aussi de la vie des Algériens arrivés en France il y a plusieurs générations.

« C’est triste une main d’homme qui n’a jamais tenu un livre entre ses doigts. »

« « Travail, famille, patrie », la devise du Maréchal avait laissé des traces dans les mentalités. C’était encore le temps du travail souverain, la reconnaissance passait d’abord par le fait de manier la truelle, la pelle ou la bêche. Si tu maniais mal la langue de France, et que, contrairement aux autres, tu ne savais pas lire le journal, tu pouvais au moins, grâce à tes bras, te rallier à la valeur commune, te soumettant de bonne grâce à cette vertu collective. »

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

vendredi 11 août 2017

Librairie insolite : Le Trouve Tout du Livre au Somail (Aude)


Juste avant l’arrivée, de quoi frétiller d’envie !

La semaine dernière, j’apprenais l’existence d’une librairie de livres anciens comptant plus de 50 000 ouvrages située dans un hameau, à tout juste 25 minutes de chez mes parents. Cette librairie s’y est implantée il y a presque quarante ans et je ne connaissais même pas son existence ! Je devais retrouver une copine et sa petite famille (Lili-One, si tu ne la connais pas encore, c’est le moment de foncer) alors je lui ai donné rendez-vous là-bas pour qu’on puisse s’émerveiller à deux !


L’entrée de la librairie.

Le Trouve Tout du Livre est une librairie créée dans les années 60 à Paris et qui était spécialisée dans la recherche et l’envoie de livres par correspondance. C’est dans les années 80 que les propriétaires se sont établis au Somail, petit hameau dans l’Aude, au bord du Canal du Midi. La librairie a investi une ancienne cave, adossée au château d’eau où trône fièrement un drapeau Occitan (mon amour pour ma région se gonfle d’orgueil, évidemment), et ses murs sont intégralement recouverts de livres jusqu’au plafond.


Aperçu de l’ensemble, ce que l’on voit après un long couloir déjà rempli de livres (désolée pour la qualité médiocre de la photo).

Si la spécialité de la librairie est le livre ancien, on y retrouve aussi du contemporain, du régionalisme récent, de la SF en poche, des ouvrages de sciences, de spiritualisme… Tout est là pour ravir petits et grands, amoureux du livre comme lecteurs occasionnels.


Livres anciens dans des éditions à tomber par terre.

Le centre de la librairie retrace son histoire à travers une petite exposition où de superbes œuvres et livres sont sous verre. Il est d’ailleurs possible de les acheter.


Exposition au centre de la librairie.

J’ai trouvé toute une tripotée de livres sur le Catharisme, de quoi faire frémir la groupie que je suis mais j’ai été forte ! Je sais que je dois d’abord faire du tri post-déménagement avant de remplir à nouveau mes futurs cartons de livres.


Encore un peu pour les yeux !

J’ai été très forte, je n’ai rien acheté parce que je n’ai pas eu le temps de faire le tour (et aussi parce que j’ai prévu d’y retourner la semaine prochaine pour au moins deux heures avec une liste #jenesuispassiforte) mais j’ai déjà repéré une pièce de Sophocle que je cherche depuis des années sans succès et qui s’y trouve dans deux éditions différentes : à moi le St Graal !


Promis, après j’arrête !

Et, à quelques mètres de la librairie, on retrouve un petit banc avec ce beau message :

« LES BANCS DE LA LIBERTÉ sont mis à votre disposition pour rencontrer les textes, les mots et les pages, et découvrir des auteurs, d’ici et d’ailleurs.
Sur tous les continents et avec tous les citoyens du monde, permettons-nous d’inventer des instants de vie, pour partager en liberté les émotions de l’écrit.
»


Les bancs de la liberté sont dédiés à Antoine de Saint-Exupéry

Je retournerai rapidement là-bas pour prendre le temps d’apprécier un peu plus les lieux (et acheter trop de livres). Si vous passez un jour dans le coin, n’hésitez pas à y aller.

Et vous, vous connaissez des librairies insolites ?

Page Facebook de la Librairie
Site internet de la Librairie

jeudi 10 août 2017

La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt

J’avais plusieurs fois été attirée par cette couverture mais je n’avais jamais craqué jusqu’à ce que je trouve une version d’occasion : c’est pile poil le genre de lecture que j’aime l’été.



Quatrième de Couverture
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Mon avis
Grégoire Delacourt nous dresse le portrait d’une société où l’argent change les gens à travers le regard de son héroïne, Jo, qui valide un ticket gagnant pour une grosse cagnotte, un montant qui ferait tourner la tête de n’importe qui. En réfléchissant à ce qu’elle pourrait en faire, Jo se rend compte qu’elle possède déjà ce qu’il lui faut et que, ce qu’elle voudrait d’autre ne s’achète pas. Elle craint de perdre sa petite vie si elle encaisse son gros chèque et décide donc de le cacher et d’attendre.

L’histoire de Jo est touchante, ses réflexions sont frappantes de vérité et son petit monde reflète parfaitement notre société malade : vouloir toujours plus pour donner un sens à sa vie, se projeter sur des achats futurs pour être certains de se sentir encore en vie. Travailler pour acquérir, se briser l’âme pour s’offrir la vie que le monde capitaliste nous impose, oublier de s’intéresser aux autres au profit de son petit confort personnel.
Avec son blog de couture, Jo touche des milliers de personnes qui se sentent seules, comme elle, dans un monde où pourtant les contacts sociaux pourraient être légion. On ne partage plus l’essentiel, on se contente du futile, de tout ce qui se marchande. Elle le comprend, Jo, et c’est pour ça qu’elle a peur d’encaisser ce chèque. Elle a peur de changer sa vie, le regard des autres, de perdre son mari, ses enfants. Et elle a raison d’avoir peur.

L’écriture de Grégoire Delacourt m’a conquise : la poésie qui s’exprime à travers ses mots, son style narratif et ce qu’il véhicule m’ont touchée. J’aime particulièrement lorsque la narration interne est maitrisée et c’est ici le cas. On s’identifie à Jo, on a peur pour elle, on s’attache à cette femme que la vie a peu à peu brisée en petits morceaux.

Lorsque j’ai atteint les dernières pages de ce roman, j’ai eu beaucoup de peine pour Jo, pour ce qu’elle conclut de sa vie, de son aventure : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Après les déceptions, les coups durs de la vie, cette femme se résigne et n’est plus capable d’offrir l’intégralité d’elle-même. Et c’est tout ce qu’on ne veut pas vivre. Tout ce qu’on n’aimerait pas connaître.

L’argent fait tourner les têtes, change le comportement des gens alors que Jo, elle, avait déjà compris : « Une mercière qui saurait ce que pressentait Thomas d’Aquin : le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. » On veut toujours plus et, de préférence, ce qu’on peut monnayer, et on applique ce fonctionnement avec les êtres humains. On change nos téléphones dès que le nouveau modèle sort, alors même que le nôtre fonctionne encore, comme on le fait avec les relations : on met fin à des liens qui, pourtant, fonctionnent encore…

Ce roman m’a touchée, m’a rendue triste et c’est tout ce que je demande à un livre : me faire ressentir des choses et me pousser à y trouver un peu de ma vie entre ses pages, tout en relativisant le monde. La postface de l’auteur est présente dans mon édition : elle est touchante, bouleversante.

« Il avait déchiré la liste de mes besoins, de mes envies et de mes folies.
Il m’avait privée de ces petites choses qui nous maintiennent en vie. L’économe qu’on achètera demain au Lidl. La Calor à Auchan la semaine prochaine. Un petit tapis pour la chambre de Nadine, dans un mois, ce sera les soldes.
Il m’avait ôté l’envie d’être belle, d’être coquine et bonne amante.
Il avait griffé, rayé mes souvenirs de nous. Abîmé jusqu’à l’irréparable la poésie simple de notre vie…
»

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 9 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Après avoir relu les deux premiers tomes, j'ai enfin pu découvrir le tome 3 !



Quatrième de Couverture
Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.

Mon avis
Le troisième tome nous force à un bond dans le temps, alors qu’Ophélie est cloîtrée sur Anima depuis plus de deux ans. J’ai eu du mal à imaginer une pause sur une aussi longue période après le rythme effréné des deux premiers tomes mais la logique y est.

J’avais lu de bonnes critiques de ce tome, notamment sur la découverte de la nouvelle Arche, Babel, par Ophélie. Cependant, Babel m’a laissée de marbre face à la magie qui avait opéré pour moi avec le Pôle et notamment la Citacielle : si l’histoire de Babel, son fonctionnement et ses descriptions sont superbes, je reste attachée au Pôle qui a su conquérir mon cœur de lectrice.

L’intrigue avance plus encore et ce que découvrent Ophélie et Thorn pousse à de nouvelles questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponses. Encore une fois, Christelle Dabos réussit à nous donner envie de lire la suite mais, surtout, elle nous séduit chaque fois un peu plus.

Je n’ai qu’une hâte, en apprendre plus encore sur les autres Arches, comprendre enfin tous les tenants et aboutissants de la Déchirure mais après un nouveau tome riche en découvertes, rebondissements et surprises. J’aime la façon qu’à Christelle Dabos de jouer avec nos nerfs, avec nos émotions et notre imagination. Et j’en redemande !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 8 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 2 : Les disparus du Clairedelune de Christelle Dabos

Enfin l'avis sur le tome 2, qui est aussi une relecture.



Quatrième de Couverture
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Mon avis
Le second tome, même après relecture, reste mon préféré. J’ai découvert avec avidité la suite des événements du Pôle, j’ai adoré l’intrigue des disparus de l’ambassade et j’ai été enchantée par l’évolution des personnages mais aussi des liens qui se construisent entre eux.

J’avais un souvenir assez fade d’Ophélie dans ce tome mais, en le relisant, cette impression a complètement été balayée : j’ai pris énormément de plaisir à la voir grandir et s’affirmer. Sa relation avec son fiancé est toujours aussi plaisante : hors des clichés, construite sur le temps, à travers les épreuves et dans une certaine logique. Les changements qui s’opèrent chez Thorn sont agréables à suivre : sa mécanique est mise à mal par Ophélie et, restant égal à lui-même, il gère le tout comme il peut, sans perdre de son essence.

L’intrigue de ce tome est son point fort : une histoire fascinante, faisant grandir l’intrigue générale de la saga et rendant le lecteur plus addict encore. C’est ce livre qui m’a fait comprendre que je ne pourrai qu’aller au bout de l’œuvre de Christelle Dabos. Et sa relecture a été un enchantement : j’avais beau connaître les rouages de l’enquête, j’ai lu avec la même avidité que la première fois chaque page.

lundi 7 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 1: Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

J’avais lu les deux premiers tomes il y a un moment déjà et je les ai relus à la sortie du troisième tome afin de me remémorer tous les détails. Je n'avais jamais posté mon avis alors je m'y mets en commençant par le tome 1.



Quatrième de Couverture
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du pôle. A quelle fin a-t-elle était choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Mon avis
Ce premier tome est une superbe entrée en matière dans l’univers créé par Christelle Dabos. A travers les yeux d’Ophélie, son héroïne, on découvre pas à pas l’histoire des Arches, en commençant par Anima, l’Arche d’origine de la petite liseuse, avant d’être propulsé au Pôle pour honorer son mariage arrangé avec Thorn.

L’univers est riche, tant par le fond de l’histoire que par les détails qui modèlent les arches, la déchirure ou encore les personnages. Les descriptions sont si vivantes que j’ai passé mon temps à voir chaque détail à travers les mots et j’ai adoré. On imagine parfaitement le passage du climat clément d’Anima au froid mordant du Pôle, on voit sans problème les objets qui prennent vie au contact d’Ophélie et sa tante, on prend de plein fouet la rudesse du monde du Pôle.

Le seul bémol dans l’écriture de Christelle Dabos est, à mes yeux, la redondance dans la description de Thorn : les mêmes mots reviennent sans cesse, sûrement pour montrer la mécanique routinière qui semble animer l’intendant mais la limite a été bien trop souvent atteinte.

Lors de ma relecture, j’ai tout autant apprécié ce premier tome qui dose à la perfection les détails sur l’histoire qui donnent envie de poursuivre.

jeudi 27 juillet 2017

ORACLE, Tome 1 : Korrigans de Justine Morvan

Une amie m'a conseillé cette toute nouvelle saga et elle a eu raison ! J'aime quand un roman d'un genre qui ne me plait pas particulièrement au départ réussit à me surprendre.



Quatrième de Couverture
« L’univers des légendes celtiques passé au shaker de l’urban fantasy ».

Protéger le monde de l’apocalypse n’est pas une mince affaire, et l’organisation secrète O.R.A.C.L.E (Organisation de Régulation des Accidents, Conflits et Litiges inter Espèces) en sait quelque chose.

Dévoués à la sauvegarde du statu quo entre le surnaturel et le commun depuis la nuit des temps, ses agents jouent des pieds et des mains pour empêcher les différentes races présentes sur Terre de s’entre-déchirer. Discrétion, efficacité, pragmatisme : tels sont ses mots d’ordre.

Celle qui les incarne le mieux est Youna, semi-elfe et officier autoritaire de la zone Celte. Prête à tout pour remplir ses fonctions, elle dirige d’une main de fer une unité d’intervention composée d’agents hauts en couleur : Talmad, faune aux prothèses bioniques, Netun, Korrigan affligé d’un trouble anxieux pathologique et Eliaz, jeune informaticien doté de pouvoirs psychiques.

Lorsque Youna et son équipe sont chargés d’enquêter sur une sordide série de meurtres au cœur de la zone Celte, ils ne savent pas encore que ces crimes ne sont que le début d’un véritable jeu de massacre. Une folie contagieuse, dont les racines s’enfoncent loin dans l’obscurité…

Mon avis
" - Je ne vois qu'une solution : filer à l'irlandaise.
- Tu veux dire à l'anglaise? rétorqua Eliaz.
- J'croyais qu'on disait à la française ! s'exclama Netun.
- Stop ! coupa Youna, disons filer à la grecque ça mettra tout le monde d'accord.
- Ouais, ouais bonne idée, sont chiants les Grecs avec leurs minotaures et leurs furies, y croient qu'y zont inventé l'eau chaude alors que la moussaka c'est dégueulasse ! "
(ORACLE, tome 1 "Korrigans", p.222)

Le premier tome de la série ORACLE est un premier pas vers un univers riche et plein de promesses. L’urban fantasy n’est pas un genre que j’affectionne, étant vite ennuyée par les redondances scénaristiques comme les personnages toujours prévisibles, les histoires mêlant loup-garou et vampire à tour de bras ou encore les histoires d’amour improbables s’incrustant pour la forme… Ici, rien de tout ça !

Justine Morvan réussit à peindre un tableau de la fantasy au cœur de notre réalité avec brio, à travers une trame prenante et bien ficelée mais aussi des personnages flirtant avec les stéréotypes sans jamais s’y laisser prendre. ORACLE, c’est enfin une saga où de nouvelles espèces et créatures sont mises en avant, où la Bretagne est utilisée à la perfection et où l’intrigue ne s’essouffle pas un seul instant.

Chaque personnage principal à son rôle, son caractère, son côté stéréotypé… Et le tout s’emboîte parfaitement sans atteindre la limite délicate du « trop » à ne pas franchir : les clichés dont sont affublés les protagonistes donnent surtout l’impression d’exister pour être remaniés et utilisés avec un dosage au poil de cul près. Le résultat est bon et efficace, chaque membre de l’équipe 29 complétant parfaitement les autres, chaque autre personnage trouvant sa place et son juste rôle.

Enfin, le point fort de ce premier tome reste la plume de Justine Morvan. Elle utilise un humour mordant, culotté, oscillant entre différent style en fonction des personnages. Cet humour est délicieux, quelle que soit sa forme tout au long du de la lecture et fait de ce livre une véritable pépite, que l’on aime l’urban fantasy ou non : j’adore ce genre d’écriture et il me permet d’aimer un genre qui me laisse pourtant souvent de marbre. Et si vous aimez la pop culture, les clins d’œil qui y sont faits dans le texte sauront vous ravir autant qu’ils m’ont plu !

Si vous aimez l’humour tranchant, les légendes celtiques et le mélange des genres, foncez sans hésiter !

dimanche 12 février 2017

Nagasaki d'Éric Faye

Rien de tel qu'une lecture positive pour oublier une déception ! Lecture qui s'est faite d'une traite, et c'est agréable.



Quatrième de Couverture
Shimura-san mène une existence solitaire et ordonnée dans la banlieue de Nagasaki. Mais voilà que des objets se déplacent, chaque jour, insidieusement, que de la nourriture disparaît. Fantôme ? Hallucinations ? Grâce à une webcam, la vérité se fait jour : une femme habite clandestinement chez lui, depuis un an...
Grand Prix du roman de l'Académie française 2010, Nagasaki est un chef-d'oeuvre de mélancolie, un récit percutant sur l'isolement, où les ombres qui peuplent l'histoire du Japon ne sont pas loin.

Mon avis
Shimura-san sent que quelque chose cloche en ouvrant son frigo. Un détail, un simple détail attire son attention. Il manque quelque chose à ce décor si banal. Quelqu’un pénètrerait-il sa maison en son absence ? Il décide de tout faire pour en avoir le cœur net et va découvrir qu’une inconnue partage sa vie à son insu.

Éric Faye nous raconte l’histoire vraie d’un homme qui apprend qu’une femme vivait clandestinement dans sa maison. Il la débusque en installant une caméra chez lui et prévient la police. Chamboulé, il se rend compte que son intimité a été pénétrée par une inconnue. Accueillant chaque soir avec sérénité sa vie solitaire en rentrant chez lui après une journée de travail, il comprend avec horreur qu’il n’était pas seul, dans ce qu’il considérait comme son havre de paix. Shimura-san est l’incarnation de l’être humain qui travaille pour gagner sa vie, vie qu’il passe ensuite dans la solitude parce que le monde actuel désagrège de plus en plus les liens sociaux sincères. Cette solitude dont il se satisfait est remise en cause par l’existence de cette femme : on n’est jamais physiquement seul finalement mais on croise les autres sans réellement les voir. Cette inconnue, dont le nom n’est jamais cité, est un bouleversement dans son quotidien, mais un bouleversement angoissant. Son cocon a été forcé, sa sérénité n’est plus.

Nagasaki est finalement le reflet de la réalité sociale de notre monde : on est entouré et seul à la fois. On se préserve mais lorsqu’une personne force notre armure pour pénétrer au plus profond de nous, à ce que l’on pensait inaccessible, on prend peur, on se sent vulnérable. On ne veut offrir aux autres que ce que l’on choisit, par pudeur mais surtout prudence. Et on ne prend d’eux que ceux qu’ils nous offrent en retour.

La plume d’Éric Faye nous transporte et nous permet de comprendre les deux personnages principaux de l’histoire : cette histoire touchante nous pousse à réfléchir, à nous demander si, dans notre vie, des inconnus ont pu forcer les portes de notre vie, comme la clandestine le fait avec Shimura-san. Et plus encore, on se demande si cette inconnue, dont les motivations profondes ne sont révélées qu’à la fin, n’est pas le reflet de toutes ces choses auxquelles on s’identifie parce qu’elles ont une signification particulière à nos yeux.
En moins d’une centaine de pages, Nagasaki, à travers un simple fait divers, pousse à une réflexion étrange et assez dérangeante. Sommes-nous trop satisfaits d’être seuls avec nous-mêmes pour ne pas chercher à nous ouvrir aux autres ?

J’ai passé un agréable moment avec ce livre, oscillant entre compassion et tristesse, compréhension et malaise. La chute de cette histoire est bien trouvée mais, surtout, énonce une requête sur la propriété des souvenirs qui donne de la légitimité, à mes yeux, aux agissements de cette inconnue. Personne ne devrait nous empêcher de revivre nos souvenirs lorsque nous le souhaitons, quelle qu’en soit la forme et c’est finalement l’incarnation de cette règle qu’offre ce roman.

Harry Potter et l'enfant maudit de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

J'ai résisté à cette lecture longtemps. Parce que je connaissais l'intrigue. Parce que j'avais peur. Puis je l'ai fait. J'ai lu ce livre et... breuogggrghhjgh. Au moins, ça me permet de me remettre aux chroniques, voyons le positif !



Quatrième de Couverture
Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis
Ayant grandi avec la saga Harry Potter, je me devais de lire cette pièce. Il m’a fallu du temps pour oser ouvrir ce livre, surtout parce que je savais quelle était l’intrigue (merci les spoilers qui foisonnent sur le net) et que j’allais détester de A à Z. Peut-être avais-je un infime espoir d’apprécier ma lecture mais le verdict est là : j’ai détesté. Tout. Du scénario aux personnages, des incohérences à l’écriture.


Vous saviez que cette chronique partait mal.

La première scène est la copie du tout dernier chapitre de la saga Harry Potter : vingt ans plus tard, quand les enfants de nos héros préférés entrent à Poudlard à leur tour. Et même là, la forme théâtre ôte un peu de son charme à la scène. Je précise quand même que j’aime lire du théâtre pourtant. On suit alors les aventures d’Albus, le second fils Potter et de Scorpius, le seul fils de Malefoy. Evidemment, ils sont amis. Evidemment, Albus se retrouve à Serpentard. Evidemment, il est paumé. Evidemment, il est au centre de l’histoire… Alors qu’il n’a en fait rien à y faire. Il aurait été finalement plus intéressant de ne se consacrer qu’à Scorpius qui lui est à peu près utile et tangible (mais pas trop non plus, ne soyons pas trop fous).

Les personnages ne sont pas réalistes. Ni fouillés. Ni même à la hauteur. Et cela vaut pour les nouveaux comme les anciens. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut autant dénaturer des personnages qui ont été développés sur sept tomes auxquels on veut rendre hommage, et ça n’est pas uniquement une déformation donnée par le fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre : Harry, Ginny, Ron, Hermione, McGonagall, … Tous ont été foirés. Vingt ans plus tard, Harry a pu grandir mais le scénariste semble l’avoir oublié. Vingt ans plus tard, Ron a visiblement régressé mentalement. Vingt plus tard, Hermione est elle aussi devenue stupide… Et j’en passe. Aucune cohérence avec les anciens personnages. Et les nouveaux ne le sont pas plus. C’était juste insupportable à lire.


Je refuse. Tout.

Mon côté puriste étant trop prononcée, j’ai quand même essayée d’oublier ce que je connaissais des personnages pour me fondre dans l’histoire… Et quelle histoire. Des incohérences grosses comme le monde, un scénario digne d’une tele-novela qui après quinze saisons ne sait toujours pas se renouveler dans son intrigue, des dénouements simplement imbuvables… Un exemple ? Un gosse qui dit « Aaaah mais je peux faire du polynectar il y a sûrement les ingrédients, en quelques minutes ce sera fait ! » soit. Mais une grande sorcière très haut placé, censée être très intelligente qui répond « mais oui pas bête » NON. Surtout quand elle sait faire du polynectar (oui, oui, c’est bien Hermione). Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


Et encore, vomir ne suffit pas.

Je ne vais pas aller plus loin, déverser ma frustration et mon indignation n’aurait rien de productif et conduirait à des spoilers, mais, vraiment, cette lecture était un supplice. Je trouve irrespectueux de vendre cette daube à plus de 20 balles (je voulais le pirater d’ailleurs mais on me l’a prêté, hors de question de payer pour ça). Je trouve irrespectueux de mettre en gros le nom de Rowling sur la couverture. Je trouve irrespectueux tout le pataquès médiatique qu’il y a eu autour. Et je trouve irrespectueux de ne pas avoir été honnête sur la nature de cette pièce : une très mauvaise fanfiction. Bon sang, des amateurs pondent des histoires bien plus cohérentes et agréables à lire.
J’espère simplement que, jouée, la pièce est agréable parce qu’à la lecture, c’est une véritable séance de torture. Et j’exagère à peine. Bravo à ceux qui ont pu apprécier cette lecture : j’aurais aimé pouvoir en dire de même.


J'ai maaaaaal.

PS : Rowling, sache que je me sens trahie. Au plus profond de mon âme. Parce que tu as cautionné. Et je refuse de croire que cette histoire a été en partie ton idée. Je suis dans mon déni pour ne pas te renier définitivement.


Dans la dignité. Presque.